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Echanger avec des réfugiés

Le vendredi 9 juin une rencontre a été organisée entre certains élèves de 4e et de 3e et un groupe de huit demandeurs d'asile soudanais.

Public concerné : des élèves de 4e et de 3e volontaires

En présence de Colette Nordemann, présidente de l'AMATRAMI

http://www.amatrami.com/article-presentation-de-l-amatrami-64695299.html

L'AMATraMi lutte activement contre le racisme et les discriminations, et assure un suivi des situations de familles étrangères en difficulté : écoute, conseils, aides dans l'accès aux soins et aux droits. L'association est en lien étroit avec les collectivités, les services déconcentrés de l’Etat et le tissu associatif. L’AMATraMi favorise l’accueil des publics immigrés et des familles primo-arrivantes, et dans ce cadre, elle poursuit de nombreuses démarches en faveur de l’intégration.

  1. Echange autour du vocabulaire (voir ci-dessous)

  1. Dialogue entre les élèves et le groupe de demandeurs d'asile : questions/réponses en français et en anglais

  2. Bilan : travail sur l'évolution des représentations des élèves suite à la rencontre 



Accueil dans la cour à la récréation de 10 h



Première séance avec les élèves de 3e4



Assadiq explique son voyage aux élèves de 3e4



Mme Lemaire, Mme Schnell et les élèves de l'EPI Webradio enregistrent une interview des demandeurs d'asile



Quelques mots de vocabulaire des étrangers en France

Migrant : personne qui quitte son pays de manière durable, pour chercher une vie meilleure.

Demandeur d'asile : personne ayant fui son pays parce qu'elle y a subi ou craint d'y subir des persécutions, qui est en quête d'une protection internationale et dont le cas n'a pas encore fait l'objet d'une décision définitive.

Réfugié : personne ayant obtenu de l'OFPRA ou de la CNDA le statut de réfugié (réponse positive à la demande d'asile).

Débouté : se dit d'une personne ayant fait une demande d'asile et ayant reçu des organismes spécialisés (OFPRA, CNDA) une réponse négative.

Carte de séjour, en avoir ou pas : les étrangers hors Europe doivent posséder, pour rester sur le territoire français, et s'ils ne sont pas reconnus comme réfugiés, un premier titre de séjour d'un an, normalement renouvelable ; les conditions d'attribution de ce titre de séjour sont strictement définies.

Sans-papiers : de nombreuses personnes étrangères vivent en France, quelquefois depuis plusieurs années, sans remplir les conditions ci-dessus ; elles sont donc sans papiers, et n'ont pas le droit au travail ni aux prestations sociales. Galère assurée !

Français : toute personne ayant une carte d'identité ou un passeport français, qui relève du droit et des droits français, quelle que soit sa couleur ou son origine ; pour obtenir la nationalité française quand on est étranger, il faut : parler et écrire le français (le prouver par un diplôme auquel l'Amatrami prépare) ; ne pas avoir été condamné ; être intégré par l'emploi. L'administration peut refuser. 

Mineur isolé : des jeunes mineurs sont arrivés seuls sur le territoire français, ils ont normalement droit à une protection jusqu'à leur majorité, mais après, ils relèvent du régime général.



CE QU'EN DISENT LES ÉLÈVES :


Déroulement de la séance

On a reçu Mme Nordemann, présidente de l' AMATRAMI , qui nous a expliqué quelques mots de vocabulaire concernant les étrangers en France. Nous avons ensuite posé des questions aux migrants.

Ce que nous avons appris

Nous avons appris par Assadiq qu'ils ont vécu un long voyage, très dur. Ils ont eu beaucoup de mal à traverser la Libye en raison de leur couleur de peau. En Italie, ils ont eu des soucis. Ils ont passé 4 jours dans la mer Méditerranée. Ils ont traversé le Sahara en Afrique, les Alpes en Europe.

Ce que nous avons ressenti

Leurs histoires étaient très émouvantes et touchantes.

Ce qui a changé dans notre vision des choses

On ne pensait pas qu'ils avaient vécu un aussi long trajet et si dur. Cela a changé notre vision des choses, on ne pensait pas qu'ils avaient vécu une histoire aussi dure et triste.

Bilan

Les migrants étaient très gentils. Cette rencontre nous a permis d'apprendre beaucoup de choses.

Gaëlle et Océane - 3ème4



Lorsqu'on est arrivé, ils se sont placés devant, et l'un d'eux au fond de la salle, ils se sont présentés (prénom, âge, pays d'origine), nous aussi. On a posé des questions, ils nous ont répondu et nous ont raconté l'histoire de leur voyage : pourquoi ils sont venus et comment.

On a appris des choses sur leur pays, le Soudan, que quelques-uns ont dû passer plusieurs fois dans les montagnes entre l'Italie et la France, que l'un d'entre eux va se faire opérer car il a une balle dans la tête.

J'ai eu l'impression qu'ils se sont bien intégrés parmi nous. Moi j'avais du mal à leur parler, je ne sais pas pourquoi, mais à la fin de la journée quelques-uns sont venus me voir et cela m'a énormément touché.

Ce que j'ai compris c'est qu'ils ont eu une vie et un voyage compliqués et que certains de leurs camarades n'ont pas survécu.

Ce que je retiens de positif, c'est qu'ils étaient heureux de nous voir. Mais il y en a un qui s'est mis à l'écart et cela m'a déçu.

Romain - 3ème4



Les séances se sont organisées en différentes étapes : d'abord, la présentation de Mme Nordemann, présidente de l'AMATRAMI, puis la présentation des migrants et enfin celle des élèves. Mme Nordemann nous a posé des questions sur ce que nous savions sur les migrants. Ensuite, les élèves ont posé des questions aux Soudanais. Assadiq, un des migrants, nous a montré sur une carte le trajet que prennent en général les réfugiés soudanais.

J'ai ressenti de la pitié pour ces gens mais aussi de la joie car dans notre pays, ils sont en sécurité. J'ai eu aussi de l’inquiétude pour eux car ils ne sont pas sûrs d'obtenir le droit d’asile.

Mon point de vue sur les migrants et les guerres en Afrique a évolué car je savais qu'il y avait la guerre mais je ne pensais pas que c’était aussi horrible.

J'ai vécu une super expérience sociale et humaine en rencontrant des gens qui ont vu des choses traumatisantes mais qui arrivent à garder le sourire aujourd'hui. Pour moi, ce sont des gens forts et déterminés. J’admire leur exploit, arriver jusqu'ici malgré toutes ces difficultés.

Lucas G - 3e4



La journée du 9 juin 2017, nous avons eu la chance de rencontrer des migrants d'origine soudanaise.

Nous avons débuté la journée avec ces jeunes hommes à 10h. Nous nous sommes tous présentés. Colette, qui est présidente de l'A.M.A.Tra.Mi, a fait une intervention pour tout nous expliquer sur les migrants.

La classe de 4°3 s'est ensuite retrouvée avec eux pendant une heure. Le midi, les Soudanais faisaient le Ramadan et n'ont donc pas pu manger. Des élèves sont restés avec eux et leur ont présenté des musiques et d'autres choses françaises.

De 13h20 à 14h20, la classe de 3°3 ainsi que celle de 3°4 ont participé à la rencontre et de 14h25 à 15h20 la classe de 3°1 et quelques élèves des classes de 3°3 et 3°4 les ont rencontrés.

On sait maintenant combien de frères et sœurs ils ont, les moyens de transports qu'ils ont pris, c'est à dire la voiture, le bateau gonflable, la marche et le train. Ils nous ont raconté que la vie en France est bien meilleure que celle au Soudan et qu'ils ont été très bien accueillis dans notre pays.

Toutes les deux, nous avons ressenti de la tristesse et de l'empathie puisqu'ils nous ont raconté leurs histoires qui nous paraissaient assez difficiles mais nous avons aussi ressenti du bonheur car on rigolait ensemble, ils nous semblaient très heureux et nous aussi !

Nous avons appris énormément de choses et on ne se rendait pas compte à quel point c'était dur.

Nous avons trouvé que cette journée a été une très bonne expérience sociale, très enrichissante. C'était merveilleux de les voir avec ce grand sourire ! Pendant cette rencontre, rien ne nous a paru négatif. Nous pensons que cela serait bien si on organisait une journée avec ceux qui le désireraient pendant les vacances d'été.

Eulalie J et Mélissandre L



Rencontre avec des réfugiés soudanais (09/06/2017)

Perception des élèves latinistes de 3ème 3 et de 3ème 4 à l'issue d'une heure de rencontre avec 8 réfugiés soudanais et la présidente de l'AMAtraMI et d'une heure de réflexion et de dialogue avec un professeur


Questions posées par le professeur :

Après avoir rencontré les Soudanais :

- Que pensez-vous de leur situation et de la situation des réfugiés en général ?

- Avez-vous appris des choses ?

- Est-ce que cela a modifié votre façon de voir les choses ?

- Qu'avez-vous ressenti ?

Mme B. : Que pensez-vous de la situation des Soudanais et de la situation des réfugiés en général ?

Les élèves : Leur situation est compliquée, dure, difficile, délicate, critique.

L.L. : Ils ont peu d'argent.

L.M. : Ils sont dans une situation désespérante : ils ont vécu des choses horribles, ils ont voyagé énormément, ils ont été torturés et ils ne savent même pas s'ils vont pouvoir rester en France.

G.K. : Ils s'ennuient, ils ont peu d'activités.

L.L.: Ils sont isolés.

F.H.: Ils n'ont pas de travail.

J.H. : Ils ont de la chance d'avoir pu atteindre la France et d'y être en sécurité.

L. G. : Ça leur donne de l'espoir.

E.J. : Ils ont été courageux pour arriver jusqu'au bout.

L.M. : Ils ont été rejetés parce qu'ils sont noirs, dans leur pays, en Italie et ensuite, arrivés en France, ils se sont fait rejeter plusieurs fois avant d'être dans une situation plus confortable.


Mme B. : Avez-vous appris des choses sur la situation des réfugiés ?

J.H. : J'ai appris des choses sur le trajet qu'ils avaient accompli.

L.L. : Ils ont traversé le Sahara et ensuite la mer à la nage.

L.G. : Et avant en bateau pneumatique.

R.B. : Sur le chemin, ils ont été torturés.

L.M. : Par exemple en Italie. C'est un miracle qu'ils soient là, ils avaient peu de chances d'arriver jusqu'ici.

M.B. : Plein de gens sont partis avec eux et beaucoup sont morts.

G.K. : Bien qu'ils aient peu d'argent, ils doivent payer la carte de séjour.

E.J. / S.Bel. : Oui, 250 euros !

L.L. : Ils ne peuvent toucher des aides que 5 ans après avoir obtenu une carte de séjour.

G.K. : Ils ont déjà « galéré » pour arriver ici, pour obtenir leur carte et ils doivent encore attendre.

M.B. : Ils peuvent rester en France plusieurs années à attendre, et tout ça sans rien, sans argent.

L.M. : Ils ne touchent rien du tout.

L.G. : Ils ont un loyer de 30 euros par personne…

G.K. : Les médias racontent n'importe quoi. Les gens y croient et ils ont une mauvaise idée des migrants.

L.L. : On a aussi appris à connaître une autre culture.


Mme B. : Est-ce que cela a modifié votre vision des choses sur les réfugiés ?

L.G. : Je savais qu'il y avait des guerres mais je ne savais pas que c'était si horrible.

B.M. : Personnellement, j'ai toujours pensé qu'il fallait aider les migrants. On parle souvent de la Syrie mais on parle rarement des autres peuples. Ça n'a pas modifié mon avis mais ça m'a appris que les réfugiés n'étaient pas tous syriens.

J.H. : Oui, parce que je ne pensais pas qu'ils avaient une vie aussi dure.

S.B. : Je ne savais pas qu'il y avait autant de racisme entre les peuples en Afrique.

La classe : Nous n'avions pas de préjugés particuliers sur les réfugiés.


Mme B. : Qu'avez-vous ressenti face aux Soudanais ?

S.C. : De la peine, j'étais triste pour eux… Par exemple, le fait qu'ils aient été torturés…

L.M. : De la culpabilité, parce que nous, on se lève, chaque matin, et on ne court aucun risque alors qu'eux, ils ont affronté des choses terribles.

M.L. : J'étais heureuse de savoir qu'ils se sentaient bien en France et qu'ils étaient en sécurité.

E.K. : Du respect, parce qu'ils ont affronté des choses horribles et je ne pense pas que si j'avais été à leur place, j'y serais arrivée.

M.B. : De la colère contre ceux qui les ont torturés, contre ceux qui les ont poussés à quitter leur famille.

G.K. : On a envie de les aider à notre manière, de leur apporter du bonheur et de la joie.


Les élèves terminent cette séance de dialogue en disant qu'ils ont été ravis de rencontrer les 8 réfugiés soudanais et que cela a été une expérience positive pour eux.



POUR ALLER PLUS LOIN : 

Un court-métrage d'animation : AL HURRIYA الحریة - Freedom - Liberté